Mobilisation étudiante et manifs contre la sélection à Paris - 01/02/18

16:03
/ 2018
Suivi de la mobilisation contre la sélection de l’AG de Tolbiac jusqu’à la nasse de la rue Réaumur. De plus en plus d’universités sont touchées par les premières AG d’un mouvement qui ne prend pas encore dans les lycées, sans doute une conséquence du niveau de répression accru depuis 2016 et 2017.

Au matin du 1er février, l’AG de Tolbiac a voté pour le retour d’APB, des moyens pour l’éducation, le rejet du service militaire, pour la convergence des luttes, notamment avec les services publics, une motion de soutien aux exilés et sans-papiers, le retrait sans négociation ni amendement du plan étudiant et de la réforme du Bac.

La manif unitaire partie de Jussieu a rassemblé entre 4 000 et 6 000 personnes (10 000 selon le syndicat syndicat Snesup-FSU, 2400 selon la police). Un chiffre respectable pour une première date. Derrière un cortège de tête neutralisé avec la mise en retrait du dispositif policier à Paris début depuis la rentrée, un cortège mené par les organisations de jeunesse dont les JC et l’UNEF.

Au milieu : Adrien Quatennens, député et jeune premier de la France Insoumise. Sa présence aura eu un effet inattendu sur la manif: un « pool » de photographes et vidéaste a ralenti la progression de son cortège à force de le mitrailler. Derrière, une masse sans drapeaux suit. Devant, ça critique volontiers la « récupération » de la mobilisation. Ca allume quelques fumigènes et des torches, lance des slogans antifascistes et anticapitalistes. Derrière, les classiques des mouvements pour l’éducation reviennent.

A l’approche du jardin du Luxembourg, les CRS bloquent le boulevard Saint-Michel. Même si un jeune habillé en noir et doté d’un porte-voix tente de chauffer la foule, pas de collectif déterminé à forcer le passage et après quelques temps à poireauter devant la ligne policière qui se renforce, toute velléité offensive est écartée. Un kebab finit tout de même sur les CRS. La foule reflue. Des barrières alignées autour du dispositif policier gardant la Sorbonne sont arrachées par quelques intrépides. Les policiers de la CI se servent de leurs gazeuses. Ca tousse. Quelques projectiles de lancés dont une banane qui finit sa trajectoire sous les rires. De nouveau, la foule reflue car la manif devenue un rassemblement sur le boulevard Saint-Michel est de plus en plus dégarnie. Certains réalisent qu’ils sont en fait nassés, mais le dispositif policier était présent, parfois caché au coin des rues, à chaque issue possible de la manifestation dès le blocage par les CRS en haut du boulevard.

Avant même l’heure de rendez-vous pour une manif sauvage après la manif unitaire, 2 unités de CI foncent déjà vers Châtelet. Une petite colonne de véhicules de la police tourne autour de la fontaine des Innocents alors que les manifestants se retrouvent. Quelques slogans criés, et une petite centaine de personnes s’élancent. 5 policiers les suivent à pied et sans autre équipement de maintien de l’ordre que leurs matraques. Ils réussissent tout de même à faire paniquer le groupe qui se divise et s’épuise à sprinter pendant que les poursuivants font un jogging. Les policiers réussissent à interpeller 3 personnes après un véritable sprint sur quelques dizaines de mètres à l’arrivée sur la rue Réaumur. Les autres manifestants formeront un attroupement autour des interpellés avant de se faire nasser par l’une des unités de CI. La police laissera sortir tout le monde par petits groupes après une « ouverture des sacs ».

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